Bonjour à toutes et à tous, enfin le week-end. Ce matin, Philippe Herlin vous explique l’arnaque de l’inflation calculée avec les formules de l’INSEE. Si vous nous suivez, vous savez qu’on avait relaté qu’une lectrice de Pierre Jovanovic avait fait ses calculs avec ses factures, et d’après elle l’inflation serait de 70% sur dix ans soit au moins 7% par an, alors que dans le meilleur de cas (depuis 10 ans) les salaires ne sont revalorisés que de 1,5% par an. Donc l’écart se creuse, entre les dépenses obligatoires, loyer, gaz, eau, électricité, téléphone, GSM, nourriture, essence, etc., qui ne CESSENT d’augmenter, vous ajouter à cela les taxes directes (impôts) et indirectes (TVA), etc.
Les postes de dépenses alimentaires et énergétiques ont explosé aussi, et les revenus eux ont stagné, puisque les augmentations sont calculées en fonction de l’inflation déclarée par l’INSEE et PAS l’inflation réelle.

Les Français ont le sentiment que leur pouvoir d’achat diminue, ont-ils raison d’émettre des doutes sur la mesure du pouvoir d’achat ? Cette interrogation est justifiée nous explique l’économiste Philippe Herlin, auteur d’une enquête titrée « Pouvoir d’achat : le grand mensonge » publiée aux éditions Eyrolles. 

Philippe Herlin a reconstitué une histoire des prix entre 1965 et 2015 à partir de catalogues de ventes par correspondance, de brochures publicitaires de supermarchés notamment. C’est donc chiffres à l’appui qu’il conteste les méthodes de calcul de l’INSEE.

« Par un certain nombre de biais l’inflation est sous-estimée par l’INSEE (…) »

« Le pouvoir d’achat c’est la différence entre l’augmentation des salaires et l’inflation. Connaître l’augmentation des salaires c’est assez facile car tout est déclaré aux impôts, c’est une donnée simple à obtenir. Par contre mesurer l’inflation c’est déjà plus compliqué, il faut faire des hypothèses : on détermine un panier des ménages en essayant de faire en sorte qu’il représente au mieux les habitudes de consommation de l’ensemble des Français. Philippe Herlin »

« Dans ce fameux panier de l’indice des prix à la consommation le logement pèse pour 6% ce qui est un chiffre ridicule, il n’y a quasiment aucun français qui ne consacre 6% au logement (…) C’est plutôt 15/20% du budget des ménages. En minorant le logement on efface toute la hausse des prix du logement qui a eu lieu en France, un peu au début des années 90 et surtout depuis les années 2000.(…) Toute cette hausse des prix des loyers, des crédits immobiliers, est complètement passée à l’as dans l’indice des prix à l’INSEE, c’est le premier gros facteur de minoration de l’indice des prix en France. Philippe Herlin »

Un autre procédé contestable utilisé par l’INSEE qui contribue à rogner la hausse des prix c’est « L’effet qualité ».

« L’effet qualité » apparaît le plus important dans les produits technologiques mais aussi des produits alimentaires. Pour bien comprendre cet effet qualité : si vous achetez un nouvel iPad et que le prix est plus élevé que l’ancien, pour vous c’est clairement une perte de pouvoir d’achat parce qu’il coûte plus cher ! Mais l’INSEE va considérer que comme ce nouveau modèle est plus puissant, qu’il a plus de fonctionnalités, vous en avez plus pour votre argent donc « nous l’INSEE » on va mettre un prix égal ou même inférieur à l’ancien, ce qui fait que pour l’INSEE il n’y aura pas de hausse des prix… Ça tire vers le bas l’indice. Philippe Herlin »

Source : crashdebug